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Ponte exceptionnelle d’une tortue Caouanne (Caretta caretta) sur la plage du Pous à Marseillan

Dans la nuit du 9 au 10 juillet, une tortue Caouanne est venue pondre sur une plage de Marseillan (Hérault). Il s’agit d’un phénomène exceptionnel. Les acteurs concernés se mobilisent (Commune de Marseillan, Commune d’Agde, services de l’Etat, DREAL Occitanie, l’Office Français de la Biodiversité (OFB), , experts de l‘Observatoire des Tortues Marines (OTM) et de la Société Herpétologique de France (SHF), observateurs du Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française (RTMMF), personnel du Centre d’Etudes et de Sauvegarde des Tortues Marines de Méditerranée (CESTMED) et acteurs du programme européen LIFE TURTLENEST, pour mettre en place la protection du site de nidification.

Une tortue marine de l’espèce Caouanne a été observée en train de pondre à Marseillan plage dans la nuit du 9 juillet 2023. Avertis par les pompiers du SDIS 34, des observateurs du RTMMF et agents de la ville d’Agde, gestionnaires de l’AMP de la côte Agathoise, se sont rendus sur place pour confirmer la présence du nid et organiser la mise en défens du site (situé sur une plage très fréquentée en cette période de l’année), en collaboration avec les acteurs concernés. La mairie a pris un arrêté municipal de protection du site et mis à disposition du matériel pour la sécurisation du nid. La police municipale sera également mise à disposition pour effectuer des rondes régulières jour et nuit, aux côtés des services départementaux de l’OFB. Des panneaux d’information et de sensibilisation sur l’évènement et les tortues marines ont été affichés sur le site. Des instruments de suivi de température seront mis en place afin de collecter des données scientifiques nécessaires pour une meilleure compréhension du phénomène. Par ailleurs, une équipe cynophile se rendra sur place dans le cadre d’un programme visant à éduquer des chiens à la détection olfactive de nids de tortues marines.

Une ponte qui reste rare

Les eaux de Méditerranée occidentale sont connues pour être un habitat privilégié des tortues immatures et sub-adultes. Cependant, l’Observatoire des Tortues Marines (OTM) constate depuis peu une activité de reproduction plus régulière avec une ou deux pontes avec éclosion de tortues marines sur le littoral méditerranéen français. Une nette augmentation des pontes de ces tortues est également observée en Italie et en Espagne depuis une dizaine d’année. Les raisons restent à identifier par les chercheurs sur le long terme et cette tendance interroge les scientifiques : les nids déposés en Méditerranée occidentale sont-ils viables, la température du sable est-elle suffisante ? Certaines tortues marines seraient- elles en train de coloniser de nouveaux habitats de ponte ? Est-ce la conséquence d’une augmentation de la température de l’eau, des courants ou l’évolution naturelle des habitats de nidification ? Les efforts de protection des plages de pontes réalisés en Grèce et en Turquie (d’où proviennent majoritairement les tortues qui fréquentent nos côtes) depuis des dizaines d’années sont aussi à considérer.

 

Une mobilisation forte pour protéger le nid

Fort des expériences de 2016 (Saint Aygulf, 83), 2018 (Villeneuve Les Maguelone, 34), 2020 (Fréjus, 83) et 2022 (Valras, 34), un protocole de protection des nids a pu être rapidement déployé par le RTMMF et ses collaborateurs. Ce réseau d’acteurs permet de collecter des données sur les tortues marines de Méditerranée, de surveiller l’état de ces populations, de sensibiliser le grand public et de soigner les tortues en difficulté dans les centres de soins habilités en Méditerranée française : le CESTMed à La Grande Motte (34) et le Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage (CRFS) d’Antibes (06). Depuis peu, la surveillance des activités de reproduction et des pontes s’ajoute à ces missions essentielles.

Les premiers usagers de la plage semblent déjà sensibles à cet événement exceptionnel, prêts à s’impliquer dans la préservation de ce nid comme un patrimoine naturel remarquable.  Si les embryons se développent normalement, il faudra attendre la fin de la période d’incubation (55 jours en moyenne) pour espérer observer leur course vers la mer.

Laisser faire la nature est souvent le plus indiqué : accompagner sans déranger, observer avec l’œil du scientifique pour comprendre à long terme le phénomène.

Un guide d’intervention coordonnée par le Ministère en charge de la Transition écologique et préparé par le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), le RTMMF, l’OFB et leurs partenaires, précise clairement « qui fait quoi ? ».

Les tortues marines, des espèces protégées

En France, toutes les espèces de tortues marines sont protégées. Cela signifie que pour intervenir sur une tortue marine, même en difficulté, il faut être habilité, disposer d’une dérogation délivrée par les autorités compétentes dans le cadre d’un programme scientifique validé par le Conseil National pour la Protection de la Nature.

Les tortues Caouannes et les six autres espèces de tortues marines présentes dans les mers et océans du monde sont toutes inscrites sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Observer, informer, c’est protéger !

La saison de ponte des tortues Caouannes s’étale généralement de juin à mi-aout. Durant toute cette période, elles fréquentent nos plages, le plus souvent de nuit, afin d’y déposer leurs œufs. La maturité sexuelle chez cette espèce est tardive (autour de 30 ans) et elle se reproduit tous les 2 à 4 ans. La taille adulte varie de 90 cm à 1 mètre, pour un poids moyen de l’ordre de 135 kg.

Durant la ponte qui dure parfois plusieurs heures, les tortues sont vulnérables et tout dérangement pourrait leur nuire ou les pousser à faire demi-tour. Pour rappel, la règlementation française interdit toute perturbation intentionnelle (manipulation, nuisance lumineuse, …) de ces espèces protégées. Aussi, il est très important de respecter certaines règles en cas d’observation de pontes de tortues :

– Respecter une distance de 10 mètres pour ne pas la déranger

– Eteindre toutes les sources de lumières artificielles

– Ne pas photographier les tortues avec un flash

– Ne pas toucher les tortues et les œufs.

 

Chaque observation compte ! Vous avez observé une trace de tortue marine sur le sable, une tortue marine en mer, une tortue morte ou en difficulté ? Transmettez ces informations au RTMMF (06 64 79 54 23) ou au CESTMed (06 24 47 51 55)

 

A propos du CESTMed

Créé en 2003, le Centre d’Etudes et de Sauvegarde des Tortues Marines de Méditerranée (association Loi 1901) est le premier centre de soins pour tortues marines en Méditerranée française. Il a pour missions de soigner les tortues marines en difficulté, de mettre en œuvre des programmes éducatifs et de participer à des projets de conservation sur ces animaux et le milieu marin.

A propos du Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française (RTMMF)

Le RTMMF coorganise avec le Muséum national d’histoire naturelle responsable de l’Observatoire des tortues marines la formation des observateurs autorisés à intervenir sur les tortues marines fréquentant les eaux méditerranéennes françaises. Avec ses partenaires scientifiques, institutionnels, associatifs ou organismes internationaux comme MedTurtle et l’IUCN, le RTMMF participe à l’amélioration de la connaissance et de la conservation des tortues marines. Les missions du RTMMF sont prolongées par les interventions des centres de soins du CESTMed à La Grande Motte, du CRFS d’Antibes et de CARI en Corse, chargés de recueillir les tortues vivantes nécessitant des soins avant de les relâcher en mer lorsque leur état ne présente plus de risque pour leur survie.

A propos de l’Observatoire des Tortues Marines (OTM)

L’Observatoire des Tortues Marines de France métropolitaine et Saint Pierre et Miquelon est un programme scientifique du Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) permettant au RTMMF d’intervenir et de collecter des données en France métropolitaine sur les tortues marines, toutes protégées.

A propos de l’Office français de la biodiversité (OFB)

Établissement public de l’État créé le 1er janvier 2020, l’Office français de la biodiversité est placé sous la tutelle des ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture. Il a pour missions la surveillance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité terrestre, aquatique et marine, ainsi que la gestion équilibrée et durable de l’eau, dans l’Hexagone et les Outre-mer. Il est chargé de développer la connaissance scientifique et technique des espèces, des milieux et de leurs usages, de surveiller et de contrôler les atteintes à l’environnement, de gérer des espaces protégés, d’appuyer la mise en œuvre des politiques publiques, et de mobiliser l’ensemble de la société, acteurs socio-économiques comme citoyens.

A propos du programme européen LIFE TURTLENEST

Le projet LIFE TURTLENEST (2023-2028), qui s’étend sur les plages d’Italie, d’Espagne et de France, vise à protéger les habitats de nidification de la tortue Caouanne (Caretta caretta) face aux menaces liées au changement climatique et aux activités humaines.

 Photos de Renaud  Dupuy de la Grandrive

 

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